Congrès de Travail.Suisse: Revaloriser le travail pour affronter l’avenir

Berne (awp/ats) – Les 200 délégués de Travail.Suisse réunis en congrès samedi à Berne ont adopté un manifeste en faveur du travail. Le texte comprend 10 thèses concernant l’évolution démographique et ses conséquences sur le marché du travail. Le conseiller fédéral Didier Burkhalter était invité.

L’organisation faîtière de 170’000 travailleurs et travailleuses est convaincue que la Suisse a besoin des meilleures conditions de travail pour relever le défi démographique. Ce problème a jusqu’ici toujours été abordé sous l’angle du vieillissement de la population. Mais la problématique réside surtout dans le fait qu’il y a toujours moins de jeunes, écrit le syndicat.

Ce développement a une influence négative sur le marché du travail. Soit le manque de main-d’oeuvre est déjà un problème dans beaucoup de branches, soit il est pronostiqué dans de plus grandes proportions à l’avenir.

Selon une étude mandatée par Travail.Suisse et effectuée au printemps dernier, il manquera 400’000 personnes en 2030 dans les entreprises. Cette pénurie atteindra des domaines déterminants pour la qualité de vie de toute la population: hôpitaux, maisons de retraite, écoles, sécurité, transports publics et autres encore.

Afin d’éviter ce manque sans augmenter massivement l’immigration, la Suisse a besoin d’un marché du travail démographiquement compatible. La position des employés doit être renforcée et le potentiel de main-d’oeuvre disponible en Suisse utilisé de manière optimale.

Il existe un grand potentiel chez les employés plus âgés et les femmes travaillant à temps partiel, estime Travail.Suisse. Cela implique que les conditions de travail soient bonnes et les plus attrayantes possibles. Pour le président de la faîtière syndicale Martin Flügel, il faut en Suisse les meilleures conditions de travail de toute l’Europe, voire “du monde entier”.

Les mots clé sont la diminution de la charge permanente au travail, davantage de vacances, des salaires corrects pour tous, des conditions adaptées à l’âge des employés, des formations et des formations continues de bonne qualité, des horaires de travail adaptés à la famille et davantage de postes à temps partiel à tous les niveaux.

Pour les années 2012 à 2015, Travail.Suisse entend s’engager en particulier pour un congé paternité fédéral payé d’au moins 20 jours. L’organisation demande 300 francs au minimum d’allocation pour enfants et trois jours de formation continue obligatoires par année. Elle veut d’ici 2040 une règle fiscale qui prévoit que l’AVS reçoit des rentrées supplémentaires lorsque le fonds AVS se situe en dessous d’une certaine valeur.

Par ailleurs, Travail.Suisse a adopté une résolution exigeant des mesures pour restaurer la confiance dans le deuxième pilier. Ils demandent aussi au Parlement d’accepter le train de mesures du Conseil fédéral sur le franc fort.

Invité, le conseiller fédéral Didier Burkhalter a rappelé que la situation sur le marché du travail suisse est bonne en comparaison internationale, surtout pour les jeunes. Le Neuchâtelois voit toutefois des améliorations dans le potentiel représenté par les femmes et les personnes plus âgées.

Quant à l’”enjeu considérable” que représente l’évolution démographique, M. Burkhalter a assuré que le Conseil fédéral travaille à préparer l’AVS et la prévoyance vieillesse à cette pression accrue.

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