Suisse: Un siège pour combattre l’atome
Les Verts veulent entrer au Conseil fédéral. Leur président, Ueli Leuenberger, espère voler cette place à l’UDC ou aux libéraux-radicaux.

Ueli Leuenberger attend que le PS soutienne la formule des Verts "deux socialistes + un Vert" au Conseil fédéral.
Un siège au Conseil fédéral: c’est l’objectif ambitieux que se sont fixé les Verts suisses. Mais pour l’atteindre, ils devront d’abord confirmer leur progression aux élections fédérales d’octobre. Interview de leur président, le Genevois Ueli Leuenberger.
Les dernières élections cantonales et les sondages montrent que les Verts stagnent, malgré Fukushima. Rageant?
Nous avons fait un énorme bond en avant il y a quatre ans, en passant de 13 à 22 élus à Berne, et en décrochant pour la première fois deux sièges au Conseil des Etats. Par ailleurs, dans les cantons, nous avons progressé partout, même si c’est en mode “développement durable”. Nos vrais problèmes pour ces élections seront le fric – le budget des Verts suisses se monte à 180 000 francs, une somme que l’UDC claque en un jour en annonces dans la presse! – et notre capacité de mobilisation.
Cela dit, certains de vos sièges actuels sont menacés!
Je me fais du souci pour Bâle-Ville et Neuchâtel. Mais nous espérons gagner en Thurgovie, en Argovie, et de bonnes surprises sont possibles au Tessin et en Valais.
Comment osez-vous revendiquer un siège au Conseil fédéral si vous stagnez à 10% des voix?
En termes d’idées, nous représentons plus que ces 10%. Comme le dit notre slogan, les Verts ont une longueur d’avance. Et dans les cantons et les villes où ils sont aux affaires, leur apport est important. Enfin, la concordance a toujours été un mélange entre contenu politique, manière de faire de la politique et nombre de sièges au Parlement. L’arithmétique seule ne suffit pas. D’ailleurs, si Eveline Widmer-Schlumpf, qui représente un parti (réd: le Parti bourgeois-démocratique) pesant à peine 5% des voix, est réélue en décembre au Conseil fédéral, ce sera la fin définitive de la concordance se résumant aux quatre plus grands partis.
Pourquoi vouloir réélire une ministre d’un parti microscopique faisant une politique de droite que ne renierait pas l’UDC?
Les Verts n’ont pas encore décidé de la soutenir. Mais personnellement, je ne vois pas actuellement de motif à ne pas la réélire. Eveline Widmer-Schlumpf fait clairement partie de la coalition antinucléaire au Conseil fédéral, que les Verts veulent renforcer en y envoyant un des leurs.
A qui comptez-vous voler un siège?
Cela se jouera entre l’UDC et les libéraux-radicaux. Pour ma part, je pense que l’UDC n’assume plus ses responsabilités gouvernementales quand elle menace de casser les accords bilatéraux, quand elle lance des campagnes haineuses et annonce le lancement d’une nouvelle initiative populaire pour l’expulsion des criminels étrangers avant même que le Conseil fédéral ait présenté la loi d’application du texte accepté en votation.
N’est-ce pas un déni de démocratie que de vouloir chasser du Conseil fédéral l’UDC, premier parti de Suisse?
Avec 28 ou 30% d’électeurs, ce n’est pas encore une majorité. Et le Parlement est libre de former au Conseil fédéral une majorité capable de gouverner ce pays et de faire passer des solutions sur les questions les plus importantes. Ce n’est absolument pas un déni de démocratie. Le Conseil fédéral n’est pas seulement l’agrégation de partis qui font ce qu’ils veulent. Cela dit, il se peut que les libéraux-radicaux plongent tellement qu’ils doivent eux céder un siège.
Avez-vous des alliés pour entrer au Conseil fédéral?
Le Conseil fédéral consiste en un cartel de possédants qui ne veulent évidemment rien céder. Nous attendons du PS qu’il soutienne notre formule “deux socialistes + un Vert”, ce qu’il ne fait que du bout des lèvres pour l’instant, malheureusement.
Le débat fait rage sur les effets de l’immigration sur les transports et l’aménagement du territoire. Où sont les Verts?
Demander de limiter le solde migratoire à 0,2%, comme le fait le mouvement Ecopop dans son initiative, sans dire comment, risque de se retourner contre les plus faibles et ressusciter le statut honni de saisonnier. Nous, Verts, préférons demander une réflexion sur l’impact écologique, social et territorial de l’implantation de nouvelles entreprises. Une firme qui s’installe en Suisse devrait accepter de former des apprentis, et engager des chômeurs plutôt que d’amener tout son personnel. Mais qu’on ne rende pas les étrangers responsables des trains bondés et des errements de notre politique de l’aménagement du territoire!
Pour les Verts, “croissance” est-il un gros mot?
Non, mais la croissance qui bouffe autant de ressources n’est simplement plus possible.
SERGE GUMY
Commentaire:
Il peut toujours rêver. Mais s’il ose prendre un siège de l’UDC, il fait preuve de vouloir semer la pagaille dans la politique suisse, puisqu’il jette la concordance à la poubelle. Mais bon, semer la pagaille est une spécialité de la gauche, et en particulier des verts, non?











1 commentaire
Je trouve l’attitude de ce personnage particulièrement méprisable vs une majorité de Suisses et haineuse vs le parti démocratique. Je ne l’aime pas et en a marre des combats de coq au C.F. Le peuple mérite mieux.
Il ne voit que ses ambitions. comme d’autres gauchistes. Et si par malheur un Vert atterri au CF, il devra faire preuve de collégialité et de moins d’agressivité rageuse.
Le jour où la Suisse aura un parti majoritaire à gauche, le peuple aura bien du souci à se faire : le facisme comme du temps du National -SOCIALISME d’Hitler, converti à l’islam. Et oui, avis aux nuls.
Décidément, les gauchistes s’en balancent de la criminalité vs les citoyens, sf si ça concerne l’ONU. C’est 2 poids 2 mesures !