Rediffusion: En Suisse, certains soutiennent les sans-papiers avec l’argent des contribuables. Est-ce malgré eux?
Addendum du 27.12.2010:
Curieusement, après que j’aie envoyé une copie de cet article à la conseillère fédérale en charge du DETEC, Mme Doris Leuthard, la page mentionnée ci-après a été effacée du site de Swissinfo (la page en pdf). La 2e page est toujours en ligne.
Voici la réponse de Mme la conseillère fédérale Doris Leuthard. PDF
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27.11.2010
Il y a quelque temps, en furetant dans le site de Swissinfo, je me suis aperçu que la version portugaise comporte une rubrique GUIA (GUIDE en français) inexistante dans nos langues nationales et dans les autres langues étrangères que je comprends suffisamment pour en juger (ce qui exclut le japonais, le chinois ou l’arabe). En examinant les différents éléments de cette rubrique, j’ai bientôt eu la surprise de découvrir un texte consacré aux «Droits des sans-papiers», avec des adresses utiles, des conseils, etc.

Ce texte, rédigé en portugais, passe inaperçu pour la vaste majorité des internautes suisses et il s’adresse de toute évidence aux immigrés illégaux (ou aux candidats à l’immigration) brésiliens et africains de langue portugaise (les Portugais ne sont pas concernés car ils bénéficient des accords de libre circulation). En bas de page, on découvre qu’il s’agit du texte d’une brochure réalisée par UNIA pour aider les sans-papiers .
Peu de temps après, j’apprends qu’un des journalistes de la rédaction de langue portugaise de Swissinfo, un double national allemand-brésilien, ouvre un blog sur le site d’un grand quotidien brésilien, le O GLOBO, juste au moment où éclate l’affaire de la brésilienne Paula O. Comme il se présente sur ce blog comme un journaliste de Swissinfo, je décide de suivre ses billets et je m’aperçois qu’il a pour habitude de publier ceux-ci pendant son temps de travail, alors qu’il est payé avec notre argent, le vôtre, celui du contribuable suisse. Via les impôts ou la redevance.
Le vase déborde quand il publie un billet sur son blog au sujet du Salon de l’Auto 2010 à Genève, où il se trouve en qualité de journaliste de Swissinfo, et ce avant de publier quoi que ce soit sur Swissinfo. Eh oui, nous le payons pour cela, aussi. J’ai alors pris contact avec Swissinfo et j’ai pu converser avec son rédacteur en chef, Christophe Giovannini, à qui j’ai fait part de ces dérapages et de mon indignation.
L’homme tenta alors de minimiser l’affaire, affirmant par exemple: «Quand aux cas de blogs écrits avant publication d’article (salon auto), ce sont des textes rapidement écrits le soir dans le train à des heures et endroits où il est plus difficile d’écrire sérieusement un article classique.» Il faut vraiment être naïf pour le croire. Et n’existe-t-il donc pas de code déontologique à respecter? Mais il a pris des mesures pour limiter les dégâts. Ainsi, le texte problématique offrant un soutien aux sans-papiers a apparemment été supprimé, mais il reste un deuxième article plein de liens très «utiles» et divers documents contenant des informations utiles pour les sans-papiers, hébergés chez Swissinfo ou ailleurs. M. Giovannini estime qu’il s’agit d’un simple reportage, au-dessus de tout soupçon: «Concernant l’autre article que vous m’avez signalé, il raconte simplement un aspect de la réalité des immigrants illégaux en Suisse.» Je vous laisse juges: L’article
Mais que pouvais-je faire, seul contre cette grosse mécanique semi-étatique? C’est alors que j’apprends que Swissinfo est menacé de fermeture par le Conseil fédéral, ce dont je me réjouis. C’est devenu à mes yeux un mammouth qui n’a plus de raison d’être, compte tenu des progrès technologiques et des nombreux autres canaux d’information mis à disposition par la Confédération.
J’entends souvent dire que ce serait un coup dur pour la cinquième Suisse, les Suisses de l’étranger. Je dis, moi, que c’est faux. J’ai fait partie longtemps de la cinquième Suisse et je ne trouve plus rien d’important dans Swissinfo que la Confédération, les cantons et même un grand nombre de communes ne publient pas sur Internet. En plus de ses aspects douteux, Swissinfo est très largement superflu, tant pour notre pays que pour nos compatriotes à l’étranger. Internet leur donne accès à tous nos journaux ainsi qu’aux portails de l’administration. Chacune et chacun peut s’abonner a toutes sortes de bulletins des autorités et ainsi s’informer en temps réel sur ce qui se passe en Suisse bien mieux que Swissinfo ne pourra jamais le faire.
Par exemple, le monde entier a pu voir le percement des derniers mètres du Gothard sur le site de 20 minutes, et ce gratuitement. Les équipes de la SSR étaient présentes également et ont assuré une vaste couverture journalistique pour leurs journaux télévisés, qui ont été mis en ligne sur Internet après leur diffusion (l’émission en allemand, français et italien). Et nous devrions encore payer Swissinfo pour qu’elle aussi fasse son petit article maison? Cela ne rime à rien.
En voyant que Swissinfo fait tout le possible pour survivre sans vraiment s’amender, je décide d’écrire aux politiciens suisses qui demandent le maintien de Swissinfo (un site a même été créé tout exprès pour cela) afin de les mettre en face des faits. Un seul, Dominique de Buman, a eu la courtoisie de me répondre, quoique sur un ton plutôt sec.
Je l’ai remercié de sa réponse et lui ai fait part de mes préoccupations au sujet de Swissinfo. Et, ô surprise, l’article dont je me suis plaint auprès de lui (le deuxième article évoqué plus haut) a alors apparemment disparu de la page d’accueil de la rubrique. Mais ce n’est que poudre aux yeux. Les pages en question ne sont plus en lien dans leur rubrique «GUIA» (Guide) mais elles restent accessibles grâce à une simple recherche du mot clé «sans-papiers»: Le lien
Peu de temps après, je trouve la cerise sur le gâteau: un commentaire indiquant clairement que Swissinfo ou sa rédaction de langue portugaise a franchi la ligne rouge. À la lecture du commentaire ci-après, il apparaît en effet que l’équipe de langue portugaise de Swissinfo a une curieuse conception de ce qui peut être considéré comme un commentaire acceptable. Ce commentaire est signé par un certain Nuno Silva:
9/9/2010
nuno silva, Suíça
ola vim para a suiça a 3 anos pois estou arependido,pois este paîs pode ter bastantes qualidades , mas so podes tirar carta de conduçao nas linguas deste paîs , o que e dificil para quem nao estudou aqui , ainda pior nao nos deixam ir tirar a portugal , por isso se alguem me aranjar carta de conduçao suiça lhe pagarei bem obrigado
Traduction:
Salut, je suis en Suisse depuis 3 ans et je le regrette car ce pays a peut-être beaucoup de qualités mais pour faire un permis de conduire, il faut connaître une des langues nationales, ce qui est difficile pour quelqu’un qui n’a jamais été à l’école dans le pays, et le pire c’est qu’on ne nous laisse pas aller au Portugal pour le faire, alors si quelqu’un peut m’aider à obtenir un permis de conduire suisse, je payerai bien, merci.
Pour une personne qui parle le portugais, il est clair que l’auteur de ce commentaire souhaite obtenir un permis de conduire par des moyens illicites et qu’il est prêt à payer pour cela. Étant donné que les commentaires sont modérés préalablement, il faut donc que celui ou celle qui a approuvé ce commentaire soutient ou au moins tolère ce comportement. Ce commentaire a été édité depuis lors, mais seulement après que je l’aie signalé.
Des exceptions qui ne portent pas à conséquence? Ou la pointe de l’iceberg? Pour moi, le cas est clair. Et il me paraît évident que le maintien de Swissinfo confirmerait l’immunité actuelle des auteurs de ces dérapages et les encouragerait à poursuivre. Le mieux est vraiment de fermer cette entreprise.
J’ajoute ci-après une liste de personnalités qui font partie du comité de soutien de Swissinfo et souhaitent qu’on renonce à sa fermeture. Je me demande si ces gens continueront de soutenir Swissinfo après avoir lu la présente ?














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