Un retour à la drachme plongerait la Grèce en “enfer” (Banque de Grèce)

Un “éventuel retour à la drachme plongerait la Grèce dans un véritable enfer, au moins les premières années” a mis en garde le gouverneur de la Banque de Grèce, Georges Provopoulos, dans un entretien publié samedi par le quotidien libéral Kathimérini.
“La première période transitoire, nous vivrions un scénario cauchemardesque”, insiste M. Provopoulos, alors qu’une Grèce étranglée par le surendettement et la récession commémore les dix ans de mise en circulation de l’euro.

Démentant toute rumeur d’une préparation en coulisses d’un retour du pays à la drachme, M. Provopoulos estime que la remise en circulation de l’ancienne monnaie nationale prendrait plusieurs années, un délai comparable à celui de la préparation du passage à l’euro.

Sans drachme “autre que comptable” et avec un euro “fort, qui sera vite retiré car quiconque détiendra des billets en euros voudra les mettre de côté”, le pays, qui dépend largement des importations connaîtra “d’importantes pénuries” détaille le banquier central.

“Il y aura des pénuries de carburants, de matières premières, même de produits agricoles (…) une grande partie de l’appareil d’Etat, écoles, hôpitaux, police et armées, fonctionneront au ralenti, les conditions économiques et sociales deviendront insupportables, le niveau de vie plongera, la nouvelle monnaie sera dévaluée éventuellement jusqu’à 60 à 70%”, prédit-il.

“Il y aura ensuite bien sûr un rééquilibrage (…) mais les progrès accomplis pendant des décennies seront perdus”, ajoute-t-il.

Alors que tous les sondages attestent d’une europhilie record des Grecs, en dépit des sacrifices consentis depuis deux ans au nom de la discipline budgétaire commune, M. Provopoulos s’affirme confiant dans un sursaut du pays.

“Je suis convaincu que les Grecs vont se mobiliser dans le combat national pour revenir le plus vite possible sur la voie du progrès économique et social au sein de la zone euro”, souligne-t-il.

Source

TAGS: ,

1 commentaire

  1. whitey dit :

    “le pays, qui dépend largement des importations”
    C’est la tout le probleme de la Grece: l’EUR lui permet d’acheter plus qu’elle ne produit, grace a des credits qui ne peuvent pas etre rembourses, la Drachme permettrait de revenir a un etat stable: on n’achete pas plus a l’exterieur que l’on est capable de payer a long terme.
    Ca fait plus de dix ans que les Grecs vivent sur une carte de credit qu’ils ne remboursent pas, ils s’attendent a ce que ca marche ad vitam eternam?